La semaine dernière, j'ai reçu un appel.
Un agence de recrutement (je suis inscrite chez toutes les agences de recrutement de Paris, ou presque) me propose un poste d'assistante de direction, en CDI, à temps plein, pour 1700 euros bruts par mois, dans une société de papeterie.
J'accepte immédiatement. La papeterie, c'est un secteur qui m'intéresse (moins que l'édition ou les médias, mais quand même). Contrat, salaire, tout ça semble intéressant.
Elle soumet donc mon CV et me voilà partie pour un entretien à l'autre bout de Paris mardi dernier.
L'entretien dure deux heures, et ça se passe plutôt bien. J'ai un très bon contact avec le recruteur. Il m'avoue avoir retenu mon CV car sa fille a fait le même parcours que moi (graphisme, puis des années de galêre) et qu'il a donc été touché par mon profil.
Il m'explique le poste. Ce n'est pas un poste d'assistanat, c'est un poste d'assistanat de l'assistante, qui est surchargée de travail. Classement, photocopies, toutes les tâches casse-pied.
Je râle en moi-même, mais en même temps je relativise : je suis ici dans une énorme société, pas une petite entreprise familiale à la con. De mon expérience chez mon employeur actuel (une autre énorme société), je constate que la mobilité internet est dynamique, y'a souvent des assistantes qui changent de service et de directeur.
Je pose la question au recruteur qui me confirme bien qu'avec le temps, le poste va forcément évoluer vers un binôme d'assistanat, et que OUI il y a des possibilités d'évolution et de mobilité au sein de la société par la suite.
Il me parle des congés, des primes, des tâches, de l'organigramme de la société ; on parcourt tout dans les moindres détails... Ça me surprend un peu, d'habitude on voit ce genre de "détails" lors d'un entretien ultérieur, non?
Je suis un peu inquiète quant à cette perspective d'assistanat de l'assistante. Je sens que ça va être un boulot un peu galère, mais dans une grande société comme celle-ci je reste convaincue qu'il est possible d'évoluer. Et puis le plus important, c'est de décrocher un CDI dans un cadre, des horaires et un salaire correct. J'ai ces trois critères.Je m'acquiterai bien des taches de photocopies! Après tout j'ai tenu 6 mois à la SA-Lacarafe, la société la plus sinistre de Paris, pour le job le plus assomant du monde ("plus jamais ça"). Je devrai arriver à survivre à un job moins chiant, plus ouvert et dans une meilleure société!
Le recruteur continue cependant à me parler du poste et bientôt deux aspects négatifs se profilent à l"horizon :
1- le patron fume le cigare, et c'est à prendre ou à laisser. Connaissant mon opinion sur les fumeurs et mon goût pour les odeurs de tabac, vous imaginez que cet argument ne m'a pas laissée indifférente. Dans le sens négatif de la chose. Je décide que "je m'en acquiterai", bien que ça me fasse sérieusement chier, je ne vous le cache pas, foule en délire qui lisez ces lignes! Je ne suis pas en position pour refuser un CDI sous prétexte que le patron fume...
Remarque, et s'il fumait dans mon bureau? Le cigare en plus?! Eêêêêk...au secours!
2- le recruteur me met en garde : il n'est pas évident que ce poste (pour l'instant une pré-ambauche de 3 mois en intérim) débouche sur un CDI. Le patron peut préférer vous embaucher en CDI de 12 mois au terme des trois mois d'intérim. Là je grimace, par contre. J'ai répondu à une offre en CDI, pas en CDD. Un CDD de 12 mois, c'est encore un an de perdu sans pouvoir faire de projets, sans pouvoir emprunter d'argent pour passer mon permis, sans pouvoir louer d'appartement. C'est un an de précarité assurée. ÇA, ça me soule, par contre.
L'entretien d'achève et le recruteur m'annonce qu'il est satisfait et compte me présenter au patron pour un second entretien, moi et deux-trois autres candidates, dès son retour (au patron) dans une semaine. Je m'en vais à la fois guillerette et inquiète.
Après quelques jours, voilà mes conclusions :
- Le cigare, je vais m'en acquitter (mais si je me choppe un cancer du poumon pour fumée indirecte dans 50 ans, je lui flanque un procès!). De toute façon, une fois entrée dans la société je pourrais sûrement évoluer, et puis un patron passe ses journées dans SON bureau et pas dans le mien. Ça devrait aller. Le CDI avant tout.
- L'assistanat de l'assistante, je vais m'en acquitter. Vu qu'il a été mentionné de la remplacer pendant ses congés, je ne doute pas que le poste tourne au binôme assez rapidement, même si je resterai l'inférieure hiérarchique. Le CDI avant tout.
- Le CDD de 12 mois, c'est hors de question. SI (je dis bien "si") je suis recrutée pour ce poste et qu'au terme des 3 mois d'intérim on me propose un CDD, je le refuse. Je suis déjà formée, et vous avez constaté mes compétences. J'ai l'intention de m'investir dans cette société et d'en faire partie, pas d'être une salariée jetable et abonnée à la précarité. Pas de CDI, pas d'Emilie. Le CDI avant tout!
On verra bien ce qu'il en est. Si ça se trouve, je vais même pas l'avoir ce job, de toute façon...

1- Le patron fume le cigare, et comme dit mon papa "ça ma fille, c'est intenable et en plus c'est ta vie qu'il met en danger". Donc je me disais que j'allais m'en contenter, mais en fait je ne suis pas certaine d'avoir très envie de fumer ses relents de goudron et de nicotine...
- Salaire de 1600€ brut archi-minimum : ARCHI OK (2000! trop bien!!!)
Décortiquons :

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