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Mardi 2 août 2005

*tidudidu tidudidu* (<-- ceci est le téléphone qui sonne.)
- ***** Partners, bonjour! 
- Oui bonjour madame, Ici Madame Duchmol de JPG. j'appelle à propos de la dernière commande que vous nous avez adressé, j'aimerai confirmer certaines données avec vous. 
- Euh oui bien sûr, patientez un instant. 
*fouille dans les dossiers "commandes passées". 
- Oui madame, la commande JPG en cours, je l'ai. Qu'est-ce qui pose problème?
- Et bien je vois que vous avez commandé des déodorisants pour toilettes au pamplemousse et au thé vert, mais les prix ne correspondent absolument pas à vos estimations. 
- Ah bon? 
- Et bien oui, déjà vous notez que le conditionnement de ces déodorants est par boîtes de 6. Or ils sont conditionnés par trois. 
- Ah oui je vois. Vous savez, ce n'est pas moi qui aie effectué cette commande mais ma collègue du matin (ndn : une Isabelle!). Enfin ce n'est pas très grave, vous n'avez qu'à doubler les quantités demandées... 
- Certes, mais vous indiquez pour le prix de la boîte de 6 : 6,45 euros. Or, c'est le prix d'une seule bouteille de désodorisant ça, 6,45 euros... 
- Ah... *je commence à comprendre* 
- Et vous en demandez 8 paquets, soit 48 bouteilles... ce qui revient à 296 euros... au lieu de 51 euros que vous estimez sur votre facture. Et pareil pour ceux parfumés au thé vert. 

*Emilie qui réfléchit à toute vitesse* 
--> fruit des mes pensées : "46 bouteilles, multiplié par deux ça presque 100 bouteilles de désodorisant, et en plus ça fait 6 fois le prix estimé par Isabelle... Mais si elle en a commandé autant c'est qu'il le faut non? Ça fait deux ans qu'elle est là, y'a pas de raison qu'elle se soit plantée... Si je diminue les quantités elle va sans doute me tomber dessus, mais 100 bouteilles ça fait cher quand même...

--> Retour au téléphone : 
- Madame Duchmol écoutez... Laissez les quantités (8) telles qu'elles, mais changez le conditionnement (3 au lieu de 6). Ça ne fera "que" 48 bouteilles en tout, j'espère ne pas faire de bêtise en vous demandant ça. Pouvez-vous me faire une estimation du prix? 
- Et bien il y a en ce moment une réduction sur les désodorisants. Donc au lieu de 154,80 euros, ça vous reviendrait à 123,84 euros. 
- Bon bah faisons comme ça *voix mal assurée*, ça m'a l'air un bon rapport quantité/prix... 
- Entendu! Vous serez livrés demain. merci beaucoup! 
- C'est moi. Au revoir madame Duchmol, merci d'avoir appelé. 

Aussitôt, je me précipite sur la commande qui leur a été faxée. Je tipe-ex le conditionnement par "6" pour le remplacer par "3". Je tip-exe le prix de la boîte de 3 parce que j'ai la flemme de calculer à combien revient le prix de la boite étant donné que la bouteille est à 6,45 euros HT mais qu'il y a une réduction parce que j'en achète 8x3... Je remplace l'estimation de prix total d'Isabelle ("51 euros") par celle de Madame Duchmol (154,80 euros) et je mets un post-it qui dit "il y a une remise dessus : prix de revient = 123,84 euros"). Et je range le tout bien dans classeur. 

Le lendemain, quand j'arrive, Isabelle est en train de gueuler à l'autre bout du couloir. Elle s'approche à grands pas du bureau central où je viens de m'installer en grommellant à voix haute "mais c'est quoi ces conneries, je comprends rien à cette facture de merde là!" Et elle me flanque sous le nez la facture, modifiée la veille par mes soins. 

- Emilie c'est toi qui a modifié la facture là?! 
- Euh oui j'ai eu une dame de JPG au tel parce que tu vois, 6,45 euros c'est le prix de LA bouteille et non pas de SIX bouteilles, donc j'ai décidé de diminuer les quantités de moitié pour limiter les frais...
- Mais c'est quoi cette histoire?! Pourquoi j'ai des cartons entiers de déos?! 
- Bah... Parce qu'on a commandé 8 paquets de 3, regarde... 
- Mais c'est quoi ces conneries, j'en voulais UNE de chaque moi de bouteilles! 
-  mais...Pourquoi tu en as mis "8" alors, en quantité? 8x6 en plus, selon le tableau... on a vu avec la dame que... 
- Mais enfin Emilie! Si y'a un problème avec une facture, tu m'appelles merde! 

*Là je perds patience* 
- Isabelle, je ne vais pas t'appeller CHEZ TOI et EN DEHORS DE TES HEURES DE BOULOT pour un problème de facture!!! 
- *bref silence* (ndn : selon toute vraissemblance, ça l'aurait pas dérangé outre mesure de m'appeller chez moi pour une histoire de désodorisant à chiottes...) bah alors tu me mets un mot sur le cahier d'accueil! Il est là pour ça quand même! 

Je n'ai rien répondu, ç'aurait été trop long de lui expliquer que de toute façon ça n'aurait rien changé, et qu'en plus elle en avait commandé 96 (pas 2, pas 3, ni même 10... non, 96!) bouteilles de désodorisant et qu'avec ses 15 ans d'expérience qu'elle aime tant me rabâcher, j'ai estimé qu'elle savait faire une commande! 
J'ai décidé de ne rien dire et de prendre sur moi, parce que ça aurait servi à rien et ça aurait envenimé la situation. 

Considérant qu'elle a gagné, madame s'en va en me sortant un : 
- Réfléchis et prend des initiatives un peu! 

Je quitte le bureau 6 heures plus tard, après lui avoir laissé un mot dans le cahier d'accueil comme quoi je prennais l'initiative de lui poser la question vis à vis du fait que notre fournisseur de produits d'épicerie, télémarket, ne vendait pas les capsules SUN que nous utilisons pour le lave vaisselle. Que si je prennais l'initiative d'acheter des tablettes à la place, elle allait sans doute me reprocher de faire n'importe quoi. Que de toute façons si je ne prennais pas cette initiative, elle allait me reprocher de ne pas l'avoir fait. Puisque de toute façon, quoi que je fasse, elle n'est JAMAIS contente. Quoi que je fasse ou ne fasse pas, j'aurai TOUJOURS du faire autrement et je suis décidément une incompétente. 

Et ce matin je reçois dans ma boite privée ce charmant email (alors que je suis chez moi n'est-ce pas!) : 

Emilie, 

> Si tu préfères ne pas comprendre Emilie, qu'une erreur et une initiative 
> intelligente n'ont pas le même impact sur une commande ou autre intervention 
> c'est assez embêtant. 

> Tu as quand même commandé pour plus de 270 euros de désodorisants !!! Sa ne 
> t'interloque pas quelque part ? 

> Tu veux me faire croire que tout ce que je te dis est forcément "contre toi" 
> mais non. Cela fait plusieurs mois que tu est ici et que tu n'as toujours pas
> intégré le fait qu'il faut non seulement prendre des initiatives mais les 
> prendres en réfléchissant. C'est un travail pas un passe temps et si tu ne 
> veux pas le faire comme il faut ne le fait pas du tout. 
> Si tu crois que cela m'amuse de répéter sans arrêt les mêmes consignes de 
> m'énerver pour un oui ou pour un non et bien tu as tort. 

> Même certaine personnes ici m'ont dit que tu ne foutais rien l'après-midi (tu 
> lis et sa ne pardonne pas). Quand on te demande un travail tu le fait mal ou 
> tu ne le finis pas.... 

> A toi d'en tirer tes propres conclusions car personne ici ne te le dira 
> jamais, ils s'en moquent totalement c'est à nous de faire le maximum. Je 
> comprends que tu n'est pas envie de travailler pour un salaire de misère mais 
> dans ce cas ; comme je te l'ai déjà dit ; dis le moi et je ne te demanderai 
> plus rien. 

> Au moins c'est clair et je n'aurai plus rien à te reprocher puisque que tu 
> feras le strict minimum. 

> Bonne journée à toi aussi sincèrement.

Vous avez tous mon feu vert pour lui envoyer des boîtes de caca ! 
(
mais faites le discrètement parce que je ne veux pas d'ennuis...) Ou alors attendez le 1er septembre, quand je n'y travaillerai plus... 

dans mon prochain message, je vous copierai ma réponse... je ne la lui ai pas envoyé, j'ai préferé me plaindre à la DRH (direction des Ressources Humaines) du fait qu'elle m'envoyait des emails réprobateurs CHEZ MOI et EN DEHORS DE MES HEURES DE BOULOT, que ce n'était pas la première fois (c'est vrai, c'est la deuxième) et que ça frôlait le harcèlement, là.   
 

Pétasse.

Par Emilie
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Jeudi 4 août 2005

*tidubidu bidu* <-- Le téléphone sonne.
- ***** Partners, bonjour!
- Oui bonjour, madame Duschmol de JPG à l'appareil. Pourrais-je avoir Isabelle R***** s'il vous plaît?

*mais qu'est-ce qu'elle a fait ENCORE?!*
- Isabelle n'est là que le matin, puis-je vous renseigner?
- Oui voilà, c'est à propos de la reprise de désodorisants que vous nous avez demandé.
- Ah, Isabelle a demandé un retour? Veuillez patienter un instant, je vais essayer de trouver le document.

-->Je vais fouiller dans le dossier "tâches en cours" et je trouve effectivement un fax d'Isabelle, intitulé URGENT, où elle explique que suite à une erreur de notre part, nous aimerions qu'ils reprennent des désodorisants.

- Oui je l'ai trouvé, je vous écoute.
- Et bien voilà, vous demandez que nous vous reprennions des désorodisants, vous avez bien précisé "conditionnement par 3".
- Euh oui
- Mais vous demandez "quantité : 18". Donc 54 bouteilles de désodorisant. Or nous ne vous en avons livré seulement 48.

*Roh putaiiiiiin... Mais qu'elle est conne Isabelle!*
- Euh oui bas je suppose qu'elle voulait dire "6 lots de 3", donc en reprendre 18 en tout, madame Duschmol.
- Oui c'est ce que j'ai supposé aussi. Je voulais simplement m'en assurer. Nous passerons chercher les 36 bouteilles de désodorisant (ndn : 18 au pamplemousse et 18 au thé vert) demain matin.
- Je vous remercie madame, au revoir.

PUTAIIIIIN Mais quelle conne!!!

La DRH m'a demandé de lui (à Isabelle) laisser un message sur notre cahier d'accueil en lui expliquant l'erreur qu'elle vient de faire deux fois et de la mettre elle (la DRH) en copie.
Ce que j'ai fait, je n'ai malheureusement pas l'email ici pour le partager avec vous... ni la réponse d'Isabelle qui se défend en disant que le conditionnement chez JPG change sans arrêt (Quel rapport? Ce n'est pas le conditionnement qui pose problème, mais bien la QUANTITÉ).
Et qui me chope le lendemain dans un couloir en me disant que ce que j'avais fait était petit et que j'allais en assumer les conséquences.

Mmm des menaces.
Qui en a été informé? Vous avez deviné! la DRH!
C'est formidable, Isabelle a 40 ans et déjà si mature!

Pétasse.

Par Emilie
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Mardi 9 août 2005

Je suis soit très sympa, soit très conne... Toujours est-il que j'avais hier laissé un petit mot à Isabelle-du-boulot. Mon écriture est en rouge, la sienne est en bleu : je vous laisse constater.

Pétasse

Par Emilie
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Mercredi 10 août 2005

LA nouvelle du jour, accrochez-vous :

Isabelle part en vacances, d'aujourd'hui jusqu'au 29 août!!!!

Et mon contrat se termine le 31 Août! Je suis tranquille! Gloria Alléluia et bon débarras!!! o/ o/

Par Emilie
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Jeudi 11 août 2005

Et voilà, ça recommence.

Les gens ont un TALENT pour décider arbitrairement que vous êtes une incompétente... c'est affolant. Voyez-vous mêmes :

Emilie,
Je viens d'avoir DHL en ligne après les avoir attendu tout l'après midi. Il s'avere que la livraison ne prendra pas 24h comme prevu mais 2 a 3 jours de plus. De surcroit, DHL ne dispose d'aucune agence en Corse et la livraison se fera par un autre transporteur que l'on ne peut contacter.
En somme, si Chronopost avait ete utilise comme prevu, j'aurais non seulement evite le desagrement de cette attente inutile, mais surtout le paquet serait mis a disposition a la poste locale.
Merci encore de ce que vous avez fait.
Neanmoins, il est important que vous realisiez les complications entrainees par ce changement de transporteur.
Je vous tiendrai au courant des suites de cette expedition... Qui pourrait bien en devenir une ...
Bonne soiree.
A.


Ma réponse étant la suivante :

Bonjour Anthony,

Vous dites "si chronopost avait été utilisé comme prévu". Par téléphone, nous avions convenu de faire "au mieux, soit chronopost, soit DHL, mais prioritairement chronopost". Il s'est trouvé que pour chronopost, il faut un emballage pré-payé, et que dans nos stocks nous avons des enveloppes rigides de différent format, mais pas d'enveloppes souples pour y glisser votre colis, ni même de cartons.
Ça aurait prit au moins une semaine de vous le faire expédier par chronopost, puisque pour commander des cartons il faut payer comptant et qu'il faut donc pour cela un chèque avec la double signature de Sonia T et de Gérard S (ce dernier étant en congés). J'ai donc téléphoné chez DHL pour leur demander combien de temps prendrait l'expédition d'un colis pour la Corse, et ils m'ont ASSURÉ que ce serait délivré le lendemain.
En somme, j'étais dans l'impossibilité totale de vous expédier votre colis par chronopost et nous avions convenu de faire "au mieux". Et "au mieux", il s'est avéré que c'était DHL.
Je vais immédiatement leur adresser une réclamation car j'avais insisté sur l'urgence du colis; j'ai le prénom de mon interlocutrice, je pense qu'on devrait pouvoir retrouver la preuve de mon appel.
Cordialement,
Emilie LOPEZ

Je me retiens de lui balancer son colis dans la figure, à celui-là. Il s'est bien vite mis en colère contre moi, je trouve!
J'ai donc téléphoné à DHL, j'avais l'heure de mon appel et le prénom de mon interlocutrice qui a reconnu m'avoir dit que la Corse s'était le lendemain et a dit qu'en fait il y avait UN jour de décalage, donc au lieu de 24h, ça prendrait 48. Donc ça arriverait demain.
Je ne me suis pas démonté et j'ai expliqué en m'énervant un peu (ça fait toujours bouger les choses plus vite, quand on s'énerve) que le colis avait été envoyé le 9, donc mardi. Et qu'on était jeudi. Donc que 24h+24h, ça faisait AUJOURD'HUI et pas DEMAIN.
Elle a recalculé, s'est excusé, a appellé se transporteur sous-traitant (du moins elle m'a dit qu'elle l'avait fait, mais c'est vrai que j'ai poireauté au moins 10 mn au tel à écouter leur musique que j'ai dans la tête depuis)... Bref, "avec toutes nos excuses, ce sera livré aujourd'hui sans faute".

S'il font un pet de travers et que ça n'arrive pas aujourd'hui, je crois que je vais devenir vraiment méchante.
Parce que me faire engueuler à cause d'EUX alors que je fais bien mon boulot, ça me soûle!

 

Par Emilie
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Lundi 22 août 2005

"Première" n'est pas vraiment le mot exact pour parler de ce travail-là, vu que nous sommes en Août et que j'ai eu mon premier contact avec eux à la mi-avril. Mais c'est mon premier message sur le sujet, donc si je l'avais intitulé "deuxième" ou même "suite", les gens se seraient emberlificotés les baskets (à supposer qu'il y a des gens pour lire ce blog, ce qui est une autre paire de manches. (Mais je m'en moque qu'il y en aie ou non... vu que je le fais pour moi avant tout, mais que je le publie quand même parce que sinon je ne le ferai pas. Donc public si tu es là, fais moi un signe, ça me motivera à mort!)) Voici donc le nouveau roman de l'été à suspense (« L'aura, l'aura pas? ») :

Emilie et le Théâtre du Chaos
On dirait un titre du Clan des Sept!

Alors, pour résumer la situation.
A la mi-Mars j'ai démissionné de mon CDD à la SA Lacarafe. Je vous raconterai les détails de cette histoire sordide si je me sens motivée. Tout ce que vous avez besoin de savoir, c'est qu'ils en sont à leur 5ème procès pour harcèlement moral envers leurs employés (dont deux en ce moment même), et qu'une desdites employées est en longue maladie suite à deux tentatives de suicide et un long séjour en psychiatrie. Bref, pas un endroit où il fait bon bosser.
J’ai donc démissionné.
Ç’en est suivi un instant de félicité totale à l’idée d’avoir enfin quitté cet asile… mais qui a bien vite cédé la place à une vague inquiétude de « mais que va-t-il se passer, à présent ? »
Sans travail, sans chômage (démission quand tu nous tiens), et donc dans revenu… Avec un loyer presque aussi ponctuel que les diverses factures mensuelles.
Je me suis donc lancé dans une intense quête du travail (si vous lisez vite, ça fait « quête du graal », mais faut vraiment lire vite hein. Et puis ne pas trop articuler.) Je me suis inscrite sur des dizaines de sites répertoriant des offres d’emploi (à commencer par l’ANPE) ; j’ai répondu à des centaines d’annonces, en envoyant CV et lettre de motivation par email ou par courrier, et parfois les deux. J’ai passé des coups de fil ; j’ai été à des tas d’entretiens d’embauche. J’ai finalement été embauchée comme hôtesse d’accueil chez Astorg Partners, où je commande du désodorisant pour toilettes et me fait voler des colis par DHL. Mais ce n’est pas de ce travail dont je vais vous parler aujourd’hui (pour des histoires sur AP, voyez les 5 messages précédents !). Parmi les centaines d’annonces sur lesquelles me yeux se sont posés durant cette semaine de Mars 2005, l’une d’entre elles a particulièrement retenu mon attention.
Une annonce de l’ANPE, d’ailleurs :
« Le théâtre du Chaos recherche une coordinatrice de théâtre. Emploi jeune. »
Je vous mettrai volontiers le texte exact mais je ne l’ai pas sous la main.
C’est une annonce qui a l’air banale comme ça mais qui a enflammé mon imagination. Travailler dans un théâtre ! L’annonce précisait qu’il y aurait des tâches de secrétariat et de comptabilité, pas mal de téléphone, de rédaction de devis, tenue du dossier de presse, des salaires, etc.

Il y a une chose que j’ai compris la semaine dernière, à propos de mon avenir… Enfin de mes choix professionnels, tout ça. Ce que je recherche, ce n’est pas UN métier en particulier. Je suis bien incapable de dire si j’ai plus envie d’être libraire que secrétaire d’édition ou que relectrice de romans. Ce que je peux affirmer aujourd’hui, c’est que je sais dans quel CADRE je veux travailler. Ce qui m’intéresse, c’est une ambiance ; un milieu. Une fois dans un milieu qui me plaira, je crois que je trouverai mon bonheur quel que soit le poste que j’occuperai.
- Hôtesse d’accueil chez Dargaud ? Parfait !
- Secrétaire chez Delcourt ? Impeccable !
- Vendeuse chez Album ? Mais que demande le peuple !
Le point commun de ces trois exemples choisis, est que leur « cadre » est une édition ou une librairie spécialisée dans la bande-dessinée. La Bande-dessinée, voilà un cadre où quoi que j’y fasse, j’y trouverai mon bonheur !
A peu de choses près, je peux en dire autant du théâtre. J’ai fait beaucoup de théâtre. Les comédiens ont en commun avec les dessinateurs cette passion pour un métier sans débouchés, sans certitudes, sans horaires réguliers et sans garantie de travailler demain… Ce sont des gens qui ont eu les tripes de le faire, qui ont été au bout de leur passion. Bref, rien à voir avec les zombies désincarnés de la SA Lafontaine (prenez la liste que je vous ai donné au-dessus, retournez la et vous obtenez les caractéristiques du travail à la SA. Y compris le passage sur la passion, le fait de s’accomplir et d’avoir des tripes. En négatif, et vous avez la SA Lafontaine. Effrayant non ?)
J’ai donc rédigé immédiatement une lettre de motivation structurée grâce aux judicieux conseils prodigués par l’ANPE sur la question, mais débordante de motivation, en jouant la carte de « je m’adresse à un théâtre. Ce sont des artistes passionnés. Il ne peuvent QUE être sensibles à une lettre qui témoigne d’une même énergie que la leur », j’ai retourné mon CV pour lui donner un aspect plus orienté « milieu artistique » et j’ai attendu une réponse.
Elle ne venait pas, la réponse. Alors j’ai téléphoné. J’ai eu une jeune fille qui n’avait pas eu vent de ma candidature mais m’a posé plein de questions, un véritable entretien par téléphone.
Plusieurs jours, puis semaines d’absence de réponses plus tard, j’étais en poste chez Astorg, comme hôtesse.

En tout, entre l’instant où j’ai démissionné et celui où j’ai été embauchée, il s’est passé une semaine.

Et puis fin avril, Sarah du Théâtre du chaos me rappelle. Elle a mon CV sous les yeux, et elle voudrait savoir si je serai disponible pour un entretien. Etant donné que je bosse de 14h à 20h, bah oui je suis disponible quand elle veut ; tous les jours jusqu’à 13h ! Nous convions donc d’un rendez-vous le surlendemain à 9h.
J’y cours vole et nous venge, note au passage que ce n’est pas la porte à côté, et y suis à 9h tapantes.
Je frappe, on m’ouvre : une jeune fille de mon âge qui a l’air mal-à-l’aise et qui m’explique que Sarah n’est pas encore arrivée. Elle m’offre un café et une chaise dans la cuisine.
Ce théâtre, c’est un fait un appartement en rez-de-chaussée, avec un couloir, une cuisine, un bureau pour la secrétaire et un bureau pour la directrice ; et puis une grande salle pour les répétitions. Ils n’y donnent pas de représentations, elles ont toujours lieu dans des collèges ou des lycées… parce que c’est un théâtre par des jeunes et pour des jeunes, un théâtre « de prévention » comme ils disent, avec une fonction didactique. Comment parler aux jeunes de la drogue, du tabac, de l’alcool, de la vitesse, du sida, de la prostitution, du harcèlement, de l’inceste… etc etc etc, tous ces trucs qui gonflent mon petit frère de 18 ans sous prétexte qu’on n’arrête pas de l’emmerder avec notre morale à la con.
Un vrai théâtre avec de vraies bonnes intentions en plus. Des gens bien, avec des tripes et de la passion.
Le bonheur.
Je fais leur connaissance très vite. Au fur et à mesure que la petite troupe arrive, ils passent à la cuisine se servir un café, me trouvent assise là un peu intimidée, me disent bonjour et me font la bise. Ils se présentent. Ils me demandent si je suis une nouvelle comédienne, et je suis obligée de leur avouer, un peu rougissante, que pas du tout, je viens seulement pour un entretien d’embauche. C’est à eux d’être gênés, ils m’ont prise pour une nouvelle comédienne, et ils se mettent à plaisanter parce qu’ils m’ont fait la bise et que ça doit faire tout bizarre, quand on vient pour un entretien.
En effet ça fait tout bizarre, mais l’endroit est vraiment accueillant et au milieu des rires de tous, je voudrais déjà en être !
L’heure tourne. Il est 9h30 et Sarah n’est toujours pas là.
Une des jeunes filles un peu gênée de me voir attendre ainsi l’appelle, et apprend qu’elle dort encore.

Sarah n’arrivera pas avant 10h. J’ai eu une heure pour partager l’arrivée des comédiens, qui sont tous des jeunes de 25 à 30 ans et qui commencent à faire des Italiennes. Mes notions de théâtre se réveillent et je me souviens qu’une Italienne, c’est quand on récite le texte tout droit sans le jouer, en enchaînant les répliques, juste pour s’assurer qu’on le connaît.
Sarah n’est toujours pas là, alors une petite jeune fille métisse me montre son bureau, celui que j’occuperai si je conviens pour le poste : il est encombré de papiers et de cahiers dans tous les sens, et dans ce bazar j’ai du mal à trouver un stylo bic pas trop mâchonné et qui fonctionnerait encore.
La jeune fille commence à me montrer quelques trucs, quand Sarah arrive enfin. Elle a une drôle de coiffure qui n’a pas l’air de bien tenir sur sa tête. Je suis persuadée qu’elle porte une perruque, mais loin d’en rire je repense à Jessica, une de mes meilleures amies Etat-Uniennes, qui avait une maladie qui lui faisait perdre ses cheveux et qui portait une perruque du même genre. Je repense aussi à Kay, ma mère d’accueil Etat-Unienne, qui a eu un cancer et qui a perdu ses cheveux suite à sa chimiothérapie. Elle aussi a porté des perruques…
Je me sens très gênée d’être trouvée assise comme ça à une place qui n’est pas la mienne.
Elle m’invite à la suivre dans son bureau, s’excuse pour son retard et l’entretien commence.

Je ne me rappelle plus cet entretien en détail, mais elle me demande de lui parler de mes motivations. Elle me demande des qualités et des défauts. J’avais réfléchi à la question pour lui donner des adjectifs à double tranchant : je suis quelqu’un de passionné, qui s’investit à fond dans son travail. Mais du coup, quand un truc ne va pas comme je veux je peux m’en rendre malade ; j’ai un grand sens de l’engagement, mais du coup je me fais souvent un peu exploiter…
Elle me demande un défaut. A part ce côté « bonne poire » et le côté « dramatisation » quand un truc ne va pas, je ne vois pas.
Elle sourit : « un peu angoissée non ? Regardez vos ongles ».
Ah ils sont rongés, c’est sur. Ah bah oui, angoissée. C’est tout moi, ça.
Elle me demande alors ce que je voudrais faire dans ma vie. Dans l’absolu, si tout était possible. Je répond sans hésiter une seconde : « de l’édition ».
Elle hausse les sourcils : « Ça alors ? Ecoutez c’est amusant, mais nous avons une branche « maison d’édition » ici au théâtre. Nous publions des recueils de poésie et des textes d’auteurs. Nous sommes très intéressés par le côté « auteur indépendant » et par un aspect un peu désuet de la littérature, loin des best-sellers. »
Je n’en reviens pas. C’est le job de ma vie ! Elle partage avec moi un intérêt pour les auteurs qui sortent des sentiers battus… le mien va vers les auteurs de Bande-dessinée, évidemment ; mais la démarche est la même ! Je lui montre mon petit bouquin « le nombril, l’Ego & l’Autobio » et nous discutons à propos d’Edition et de cette démarche éditoriale.
L’entretien s’achève. Elle me demande quand je suis disponible.
C’est là que le bas blesse, je suis en poste, en CDD. J’ai un préavis, je ne peux pas quitter comme ça. De plus il est très difficile de quitter un CDD si ce n’est pas au profit d’un CDI ; ici il s’agit d’un emploi-jeune. Nous réfléchissons à une solution : je ne travaille que l’après-midi, peut-être pourrais-je faire un mi-temps le matin ? J’ignore quel est le maxima horaire par jour autorisé ? Elle ne le sait pas non plus. Je lui dit que je vais me renseigner là-dessus, que je la rappelle.
Nous nous quittons un peu déçues. Moi en tous cas. Elle, elle a l’air un peu blasée aussi…

Arrivée chez moi, je me précipite sur internet et recherche les lois à propos de la limitation du temps de travail. Le maximum est de 10h/jour, pour un total de 40h/semaine, dans le cadre des 35h. Il y a des exceptions et des astérisques, mais Sarah est assez sceptique au téléphone. Ça va être trop compliqué. Quoi qu’il en soit, le bureau est fermé au mois de Juillet car c’est le festival d’Avignon, et au mois d’Août car c’est les vacances. Si la personne qu’ils vont prendre maintenant de Mai à Juin ne convient pas, il me contacteront en vue d’une éventuelle embauche en Septembre.

Mon CDD se termine le 12 Aôut. J’inscris dans mon agenda à cette date : « fin contrat. Rappeler Sarah du théâtre du Chaos »
Et sans trop d’espoir, je prends mon mal en patience.

L’aura, l’aura pas ?

Par Emilie
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Mardi 23 août 2005

Le lundi premier Août, je n'y tiens plus, j'appelle.

Je tombe sur un répondeur du genre "Bonjour, bienvenue sur le répondeur de Sarah de théâtre du chaos. Nous sommes en ce moment à Avignon, mais si vous laissez vos coordonnées je vous rappelerai dès que possible : cet-après midi, ou demain. Merci beaucoup, au revoir."

Je laisse un message comme quoi je suis Emilie Lopez, que nous avons eu un entretien en Avril mais que j'étais déjà en poste; que je serai bientôt de nouveau disponible et qu'ils n'hésitent pas à me contacter s'ils cherchent toujours quelqu'un.
Entre temps, suite à une discussion avec mon employeur, nous décidons d'un commun accord de prolonger mon CDD jusqu'au 31 Août. Histoire de finir le mois, quoi...

Comme je n'ai pas eu de rappel, le mardi 2 Août, je laisse un second message. Je leur explique que je suis disponible au 1er septembre.
Le mercredi 3 Août, rebelotte.
Le jeudi 4 Août, Sarah décroche. (Gloria Alleluia!). Elle m'explique qu'on lui a transmis mes messages. Qu'ils sont en vacances, qu'elle n'a pas mon CV ni ma lettre de motivation sous les yeux donc qu'elle ne m'a pas rappellé parce qu'elle n'avait rien de concret. Qu'ils reprennent le 22 Août et qu'ils me rappeleront à ce moment là; par contre si je peux leur retransmettre mon CV mis à jour et ma lettre de motivation, qu'elle n'ait pas à la rechercher?
"Bien entendu, aucun problème!" et le soir même, je leur adresse un email assez formel pour leur envoyer mon Cv et ma lettre de motivation.

Le lendemain soir, je trouve dans ma boîte d'emails un message du théâtre du Chaos comme quoi j'avais oublié de joindre les documents à mon email.
C'est tout moi ça... J'hésite entre rire et pleurer, je choisis de rire et je leur réponds immédiatement en joignant les documents, mais surtout en mettant un message complètement informel comme quoi c'est vraiment tout moi ça, et que vive la bonne impression quand on reluque un poste de secrétaire... Oublier les pièces jointes, c'est bien le truc à faire, tiens. Et que je m'excuse pour le contretemps.

J'espère qu'ils ont le sens de l'humour...

Elle doit me rappeller le 22, nous sommes le 6, je prends mon mal en patience.

L'aura, l'aura pas?

Par Emilie
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Mercredi 24 août 2005

Lundi 22, je guette mon téléphone. J'ai mon portable dans la poche. S'il sonne, je ne le raterai pas!
Il ne sonne pas.
A 16h je n'en peux plus, je compose le numéro et Sarah décroche.
Elle m'explique gentilment qu'ils rentrent de vacances le jour même, et que les vacances sont sacrées, ce que je suis toute prête à croire.
Elle m'explique également que la dernière fois, elle était seule pour l'entretien, mais qu'elle ne sera pas seule pour prendre une décision, c'est pourquoi il faudrait que nous aillons un second entretien. Que pour me dire la vérité, mon Cv est assez nul, je n'ai pas vraiment le profil d'une "secrétaire-comptable".
Je réponds en riant que je ne suis en effet ni secrétaire, ni comptable...
Elle ajoute que malgré ça, je suis toujours en lice parce qu'ils n'ont jamais vu quelqu'un d'aussi motivé (ce que je suis également toute prête à croire!), qu'ils ont au pas mal de candidats au poste qui étaient des étudiants en cinéma se retranchant sur cette annonce sans trop le vouloir, ce genre de carrière un peu désabusée.
Je lui demande s'il s'agit bien du même poste que celui auquel j'avais postulé en mars, elle me dit que oui, mais qu'il n'est plus "emploi jeune"; que pour les emploi-jeunes il faut créer des postes, donc à défaut de pouvoir inscrire un intitulé du genre "secrétaire-comptable" ils ont bidouillé un vague "coordinateur de théâtre". Mais le poste est le même.
Je pose alors la question qui me brûle les lèvres : "dans l'annonce pour l'emploi jeune, vous précisiez que vous acceptiez les débutants. C'est aussi pour ça que j'ai postulé, sachant que je ne suis pas comptable".
Sarah me rassure vite, je ne dois pas m'inquiéter la comptabilité n'est qu'une partie du poste; ils me formeront. Mais c'est vrai que c'est mieux d'en avoir les bases...
Je demande alors ce qui n'a pas été avec la personne qu'ils ont embauché en avril, elle m'explique que la jeune fille n'était pas à l'aise avec le téléphone, elle avait du mal à retranscrire en détail les messages; que sachant que c'était pour deux mois ils ont pris sur eux, mais ils n'ont pas renouvellé.
Je lui précise donc qu'en ce qui me concerne, je n'ai aucun souci avec le téléphone; que depuis notre entretien en avril j'ai acquis une expérience dans des bureaux et que je me suis initiée à de réelles tâches de secrétariat. Que ce que je cherche, c'est un CADRE et que le théâtre, c'est LE cadre. Que je suis disponible au 1er septembre, que je travaille à partir de 14h tous les jours et que je suis à sa disposition si elle veut en rediscuter avec moi.

Nous convenons d'un second entretien lundi 29 Août à 11h30.

   

Ça me laisse une semaine pour apprendre les bases de la compta.

Je file sur internet, cherche "bases de la comptabilité" sur google, surfe sur des forums et obtient la référence d'un livre "la comptabilité facile" de Laurent Batsch, un livre pour les non-initié qui propose de nombreux exercices pratiques tout au long.
Je regarde pour le commander en ligne, je constate qu'il mettra plusieurs jours à me parvenir (trop long), sauf si j'exige un chronopost (trop cher).
J'appelle la Fnac, je réserve le livre et le lendemain matin à 10h, je l'ai en main.

Le soir même, sur le même bureau d'accueil d'où je vous "parle" aujourd'hui, je commence la lecture du livre. C'est assez compliqué mais les exercices apportent des illustrations très intéressantes sur certains concepts bien flous pour une néophyte comme moi... J'ai de la fumée qui me sort des oreilles mais je me dis que potasser ce livre, ce sera l'occasion d'arriver en ayant des bases de compta (même des faibles) et surtout ce sera une démonstration supplémentaire de mon (extraordinaire) motivation.
Et puis si je n'ai pas le job, j'aurai au moins appris quelque chose. Après tout, connaître les bases du jargon de la compta ça peut toujours servir!

Comme j'ai un peu du mal avec certains concepts (qui aurait cru que la compta, c'est autant de conventions et de dogmes?!), un des nombreux inconnus de ma liste MSN qui est comptable me propose son aide.
J'ai d'abord refusé, connaissant mon chéri qui est jaloux... Mais quelques heures et quelques pages plus loin, je me résigne : j'ai besoin de poser des questions. Il me faudrait un professeur.
Je décide donc de rencontrer Bruno (c'est son nom) demain (jeudi 25. C'est l'anniversaire de ma soeur, j'ai pas intéret à oublier!).

Je posterai donc un message demain suite à cet entretien qui je l'espère sera fort instructif.
Notez au passage que Jimmy a été compréhensif et n'a même pas boudé (en tous cas, pas sur MSN. Reste à voir sa réaction ce soir quand je vais rentrer!)

L'aura, l'aura pas?

Par Emilie
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Jeudi 25 août 2005

Vous vous souvenez combien dans mes messages "Isabelle et les quantités" je râlais sur Isabelle, l'hôtesse du matin, qui n'a pour moi que critiques et remarques désagréables?
C'est pour ne pas lui ressembler que je suis aussi cool et sympa que possible avec les intérimaires.

Cette semaine, Isabelle est en vacances. C'est Cédric, un intérimaire, qui la remplace. Il est déjà venu la remplacer une semaine en Mai; c'est un scénariste pour la TV, un type sympatique, bien que pas mon genre de euh... bref j'ai rien à lui dire quoi, je ne trouve pas de sujet de conversation. Pas le genre de mes copains, quoi.

~¤LUNDI¤~
J'arrive lundi, je lui demande comment ça s'est passé; tout va bien. Je regarde le cahier d'accueil, voir s'il m'a laissé une note ou s'il aurait inscrit une question, et je ne vois que des noms de gens avec des numéros de téléphone.
"Oui ce sont des messages à transmettre" me dit-il tout en faisant autre chose.
C'est bien normal, je note aussi les noms des interlocuteurs, leur destinataire et le numéro de téléphone pour les rappeller, et ensuite je transmets ces infos par email à la personne concernée.
Bref, no soucy.
La plupart des gens étant en vacances, lundi se déroule tranquillement, entre blog et téléphone.

~¤MARDI¤~
Mardi, j'arrive, je lui dis bonjour, je lui demande si tout s'est bien passé.
Et là il fait un truc bizarre : il prend le cahier avec les messages qu'il avait inscrits la veille, et il se met à les envoyer par email aux gens. Je reste interloquée : "bah qu'est-ce que tu fais?".
"Je transmets les messages", qu'il me répond.

*un ange passe*

"Mais... pourquoi tu ne les as pas transmis hier quand tu les as notés?!"
Pour toute réponse, il hausse les épaules.
Bon, je me demande s'il est con ou quoi? Pourquoi il n'a pas transmis les messages qu'il a noté, pourquoi attendre le lendemain? C'est bizarre quand même!
Un doute me saisit : quand il a dit "Oui ce sont des messages à transmettre", il ne voulait quand même pas dire qu'il attendait que JE les transmette?!!!

Enfin passons. Je regarde les emails reçus, je vois qu'il n'a traité aucune des demandes de réunion. Il y en a au moins 5, dont certaines de ce matin à 9h (je prends le poste à 14h).
"Euh Cédric, pourquoi tu n'as pas validé les réunions?"
"Je me rappellais plus comment faire, je sais qu'il y a tout un bazar à cliquer mais je ne sais plus."
"M'enfin Cédric! La dernière fois c'était pareil et je t'avais montré pourtant!"
"Emilie, la dernière fois c'était en Mai, et j'en fais plein des sociétés, je peux pas me souvenir du fonctionnement de chaque..."

Bon admettons.
Je lui re-montre comment valider une réunion et l'ajouter au calendrier Outlook.

~¤MERCREDI¤~
J'arrive, je salue Cédric, je regarde les emails reçus. Je constate qu'il a DE NOUVEAU laissé toutes les demandes de réunion. J'ai envie de lui gueuler dessus, genre "mais tu me prends pour une conne?! Qu'est-ce que tu fous le matin?!", mais j'ai pas envie de devenir une deuxième Isabelle et de toute façon il est là que pour une semaine alors ce n'est peut-être pas la peine de perdre patience.
Je lui jette un regard noir et je m'occupe moi-même de valider les réunions.
Regardant les tâches en cours, je vois deux enveloppes à envoyer en recommandé.
"Cédric? Pourquoi tu ne t'es pas occupé des recommandés?"
Il bafouille un truc qui ne fait pas une phrase, genre "gne parce que gne le temps gne". je commence vraiment à en avoir raz le chignon, là...
"Bon bah on va les faire ENSEMBLE ces recommandés!"
J'en prends un, je lui mets l'autre dans la main, et je prépare la Demande d'Envoi Spécifique, puis je remplis le bordereau de recommandé et je le colle sur l'enveloppe. Je photocopie l'enveloppe avec le bordereau collé dessus, j'agraffe la copie derrière la Demande d'Envoi Spécifique et je la range dans le classeur des Envois Spécifiques, dans la partie "Recommandés". Je vois Cédric qui regarde par dessus mon épaule comment je remplis les documents et qui copie mes gestes.
*Mais bordel, il sait envoyer un recommandé quand même!!! Et s'il ne sait pas, mais qu'est-ce qu'il fout là?!*
Le système des "Demande d'Envoi Spécifique", c'est la BASE du travail d'hôtesse chez **** Partners. c'est la première chose qu'on enseigne aux nouveaux! Ça sert pour les recommandés, les DHL, les chronopost, les coursiers... Bref ça sert tout le temps! Il se paie ma tête ce con ou quoi?!

En regardant le planning des réunions, je vois qu'il y a une réunion pour 6 personnes ne lendemain à 9h. Comme cédric est sur le départ, je lui dis que je préparerai la vaisselle, ça sera plus simple pour lui en arrivant à 8h si le plateau est déjà prêt. Il refuse poliment, comme quoi c'est pas necessaire. Mais c'est une habitude que j'ai prise, préparer la veille les plateaux pour le lendemain... Comme l'hôtesse du matin arrive à 8h, c'est la course s'il y a des réunions tôt, donc c'est plus facile pour elle si j'ai dégrossi le travail la veille.
Le soir donc, je prépare la vaisselle pour 6 personnes (tasses, soucoupes, cuillères, pot de sucre, crème, gobelets). Il n'aura plus qu'à ajouter le café, le thé et l'eau.

~¤JEUDI¤~
En arrivant jeudi, je demande tout de suite si ça s'est bien passé pour la réunion, et Cédric me répond qu'elle a été annulée. Oh. Je lui demande s'il avait déjà préparé le café et le thé, il me dit que oui. (Bon ça implique que je me coltine une vaisselle, mais ça il n'y est pour rien, le pauvre!).
Je regarde le planning, il a DE NOUVEAU ignoré les réunions à valider (GRRRR!). Bon, pas grave, je m'en occupe.
C'est l'heure. Il y va, et moi je fais le tour des salles de réunion... et je constate qu'il a tout laissé en place. Mais quel con! J'ai la gentillesse de préparer son plateau pour lui faciliter la tâche, il se trouve que la réunion est annulée et il ne se donne même pas la peine de débarasser?!!!
J'ai envie de lui gueuler dessus ou de lui botter le cul! Mais il se croit où? Il fait ses scénarios toute la matinée, je le sais parce qu'il est toujours sur Word quand j'arrive... je ne peux pas l'en blâmer, moi-même je blogge, je vais sur internet et sur MSN... mais bordel, je fais le boulot! J'ai l'impression que lui, il ne lève pas son cul de la chaise, et c'est à peine s'il se donne la peine de consulter les emails que nous recevons. Ça m'énerve! Et j'ai pas envie de lui gueuler dessus parce que j'ai reproché à Isabelle son attitude méchante envers moi. de toute façon ça servirait à quoi de lui gueuler dessus? Mon contrat se termine mercredi 31 et le sien aujourd'hui (vendredi). Il en a rien à taper de ce boulot, mais il me prend vraiment pour une pomme! Cette fois-ci je lui laisse un mot dans le cahier d'accueil comme quoi il aurait pu débarasser son plateau, c'était quand même pas à moi de le faire, d'autant plus que j'avais eu la gentillesse de le lui préparer, pour lui rendre service!
Je lui laisse aussi des trucs à faire : il y a un recommandé dont je n'ai pas eu le temps de m'occuper. Je n'inscris rien à son sujet, mais il est bien en vue. De toute façon s'il ne le fait pas c'est pas grave, parce que si j'avais eu le temps ç'aurait été à moi de le faire de toute manière.
Je lui demande aussi d'appeller Télémarket pour obtenir un RIB et de le transmettre ensuite à Magali Corte du Crédit-Agricole pour qu'on puisse payer nos prochaine factures par virement. J'ai appellé hier, mais la comptabilité de Télémarket était déjà fermée et ils m'ont dit de rappeller au matin.
Je lui ai laissé tous les numéros, j'ai bien expliqué toutes les étapes.
On parie qu'il ne l'aura pas fait? (ni le recommandé, ni appeller Télémarket).
Je sens qu'il ne l'aura pas fait.

~¤VENDREDI¤~
Dernier jour de Cédric. Il est midi, je verrai à 14h s'il s'est encore payé ma tête... J'éditerai ce message pour vous raconter ça.
Mais c'est vrai quoi il se fout de moi à la fin?! Ça m'éneeeeeerve!
Je ne vais pas aller me plaindre de lui à la DRH alors qu'il est intérimaire, il s'en fout de toute façon et puis ça ne serait pas sympa. Je ne vais pas lui gueuler dessus, il se casse ce soir et ensuite même s'il revient faire des missions de temps en temps, ça ne sera pas moi qui serais là pour souffrir de son je-m'en-foutisme...

Je sens qu'il ne l'aura pas fait...

EDIT :
Je suis une affreuse mauvaise langue.
Quand je suis arrivée, il m'a dit que la raison pour laquelle il n'a pas débarassé la salle 3 du plateau pour 6, c'était parce qu'il savait que j'aurai une réunion l'après-midi, et qu'il a donc laissé le plateau en place pour moi. Sachant que la réunion de l'après-midi était en salle 1 et pour 3 visiteurs seulement, je le soupçonne de s'être plutôt "ah mince le plateau! Ah c'est bon y'a une réunion cet aprème, je le laisse là".
Mais bon, ça partait d'une bonne (allez, disons bonne) attention.
Il avait également préparé le recommandé et téléphoné à télémarket pour avoir leur RIB, et faxé ledit RIB à Magali Corte.
Bref, il l'a fait.
Donc officiellement et au même lieu et devant le même public que quand j'ai entaché sa réputation, je le dis haut et fort : Cédric je m'excuse, j'ai jugé trop vite. Je te demande pardon d'avoir été si méchante.
Isabelle revient Lundi.
J'ai rempli les placards, je lui ai préparé un beau stock, tout est prêt.

Allez, dans 3 jours c'est terminé!

Par Emilie
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Lundi 29 août 2005

Ahaaaa bande de petits curieux, vous vous demandiez comment ça c'est passé mon entretien ce matin, hein?!
(Emilie rêve d'un public en délire à qui raconter sa vie. Un des avantages d'internet c'est qu'on peut toujours supposer que sur les milliards d'internaut qui filtrent le réseau par jour, y'en a bien quelques uns qui vont atterir chez vous. L'espoir fait vivre!)

Bon.

Mon entretien de ce matin.
Déjà je vais revenir un instant à la matinée de jeudi, que j'ai consacrée à l'étude de la compta avec Bruno, le volontaire serviable déniché sur internet qui a eu la gentillesse de m'accorder 2 heures pour essayer de déblayer un peu le terrain.
C'était très instructif, je t'en remercie, Bruno.
J'en ai d'ailleurs tiré une conclusion : "la compta je ne m'en tirerai JAMAIS en autodidacte. S'ils me prennent, au théâtre, je ferai une formation."
J'ai donc laissé là mon livre "la comptabilité facile" et sa règle de la partie-double avec le débit en actif à gauche et le crédit en passif à droite, pour soit abandonner complètement (si j'échoue), soit m'y consacrer pour de vrai avec une formation (si je réussis.)
J'ai passé un excellent week-end, je vous remercie.

Alors j'avais rendez-vous à 11h30.
J'ai eu la mauvaise idée de me lancer dans mon courrier (sur papier. Vous savez ces lettres qui se glissent dans des enveloppes et sur lesquelles il faut coller un timbre?) et je me suis retrouvée à 11h pile à enfiler ma chaussettes gauche de la main gauche, et à brosser mes cheveux de la main droite tout en tenant ma pince à cheveux et mon CV dans la bouche.
J'ai débaroulé hors de la maison en oubliant de vérifier si mon portable était allumé et je me suis précipitée dans le métro.
5 stations plus tard, alors que ce satané métro prennait une pause-café à la station Bastille et que je me tortillais d'impatience sur mon siège, j'ai eu la brillante idée de me dire que j'allais téléphoner pour prévenir que je serai un chouia en retard. Je tire donc mon portable de sa poche spéciale dans mon sac à main, pour réaliser qu'il est éteint. Sachant que je ne l'éteinds jamais, ça ne peut signifier qu'une chose : plus de batterie.
Je tente de l'allumer quand même, il s'éclaire pour me dire "batterie déchargée" et il se recouche. Enfin c'est déjà sympa de s'être donné la peine de me prévenir, je n'ai plus qu'à trépigner et à réfléchir à une super excuse pour mon retard.
Arrivée à République c'est le sprint, ça va que je connais la correspondance par coeur parce que c'est celle que je prennais pour aller à mon tout premier boulot, à la SA Lacarafe : je m'étais mise dans le wagon dont la porte s'ouvre juste devant les escaliers, j'ai juste le temps de jeter un oeil sur l'écran-télé "information voyageurs" qui m'annonce qu'il est 11h23, je dévale les escaliers, en bas je prends à droite, puis la deuxième à gauche, je monte des escaliers à gauche, je file dans le boyau au fond à droite, il bifurque à gauche, je descends les escaliers et je suis sur le quai. Je me mets au milieu, ne sachant pas où sera la prochaine correspondance.


Bon il arrive ce métro?
Il arrive, je grimpe dedans à toute vitesse (comme si ça allait me faire arriver plus vite, tiens...) et je calcule une minute par arrêt, soit 5 minutes pour arriver à Gambetta et après il y a une nouvelle correspondance. Ce sont les plus longues minutes de ma vie, j'en déduis qu'il est déjà quasiment 11h30. Je galope dans Gambetta, je prends les couloirs pour trouver le métro 3bis (quelle saloperie, cet espèce de moignon de crotte de mini-métro...), je m'engoufre dans le wagon et je trépigne sur place en attendant qu'il démarre. Il poireaute au moins une minute, la plus longue de ma vie, puis il part en arrière (zut) jusqu'à pelleport où j'en jailli pour me précipiter tête baissée vers la sortie, bien décidée à courir non-stop jusqu'au théâtre dont j'ai oublié de prendre l'adresse mais la rue Poincaré m'évoque un vague souvenir alors je décide que ça doit être là en espérant ne pas me gourrer. Mes yeux aperçoivent quelque chose qui ressemble à un ascenseur, sur la droite, mais c'est trop tard je commence à monter les escaliers. Ils sont drôlement longs ces escaliers, ils tournent en rond en plus. En même temps que je monte, de plus en plus fatiguée et en nage, je repense à Montmartre où le métro Abesse avait aussi un ascenseur et un escalier en colimaçon : c'est comme à Londres, c'est quand le métro est en sous-sol et que l'extérieur est sur une coline! Ça n'en finit plus de grimper, je me maudis de ne pas avoir attendu l'ascenseur.
Arrivée en haut, mes jambes me lâchent et je n'ai plus le courage de courir, alors je vais au pas, mais nerveusement.
Ma mémoire ne m'a pas fait défaut, quand j'arrive dans la rue Poincaré je reconnais la petite porte du théâtre. Je sonne; mes jambes tremblent, je suis toute rouge, j'ai chaud, mes cheveux me collent sur la figure, j'ai des auréoles sous les bras et j'ai 10 mn de retard.

Ça commence bien...

L'aura, l'aura pas?

Par Emilie
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Où j'en suis?

En ce moment :
Je travaille
En Intérim
, en CDD, en CDI
jusqu'à : indéterminé
Poste : assistante de communication
Secteur : Publicité / médias
Régime : 39h + RTT
Horaires : 9h-18h
Et ça va? Bof

Conclusion :
Informons-nous du marché pour chercher autre chose!

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